Bonjour et bienvenue à la session publique de nos journées de réflexion 2023.
Je tiens tout d’abord à saluer les délégués, les secrétaires et les employés des Producteurs de lait du Québec qui sont réunis à Saint-Hyacinthe depuis hier pour faire le point sur les sujets d’actualité et réfléchir aux orientations de l’organisation pour la prochaine année.
Je souhaite également la bienvenue à toutes les productrices et les producteurs ainsi que les partenaires qui se joignent à nous sur les médias sociaux. Dans les deux prochaines heures, nous ferons un retour sur les sujets d’actualités discutés lors de nos journées de réflexion. Nous assisterons ensuite à des présentations sur la production et les marchés, le prix du lait et les perspectives de revenu, les principaux dossiers de l’organisation ainsi que sur nos offensives marketing qui nous donneront des informations précieuses sur des sujets d’actualité qui nous concernent tous.
PRIORITÉS
Planification stratégique
En ce qui a trait aux dossiers prioritaires, la mise à jour de notre planification stratégique demeure un chantier de travail important pour notre organisation. C’est l’occasion de réfléchir et de nous solidariser autour d’une vision et d’objectifs clairs pour les prochaines années.
À notre dernière assemblée générale annuelle, en avril nous avons adopté une mission, une vision et des objectifs stratégiques pour l’organisation pour l’horizon 2023 à 2030.
Le travail que nous avons fait dans les deux derniers jours vise à alimenter l’équipe pour identifier les moyens, les outils et les politiques dont nous allons nous doter pour réaliser cette mission.
Plan pour la croissance et travaux nationaux
Comme vous le savez, notre modèle de mise en marché est canadien et, pour assurer sa pérennité, la concertation nationale est primordiale.
Au cours du printemps, les provinces ont travaillé de manière concertée pour adopter, en juillet dernier, le Programme national sur la croissance des marchés. Ce programme a pour objectif de stimuler et de soutenir le développement de projets de transformation qui visent à réduire le surplus structurel de solides non gras et à favoriser la croissance des marchés. Son adoption à l’échelle nationale représente un moment historique pour l’industrie ! Cette pierre angulaire, qui a été posée par les 10 provinces, contribuera à assurer la durabilité de notre industrie. Cette initiative unique des producteurs laitiers doit être complémentaire à des actions gouvernementales. Le fonds d’investissement de 333 M$ du gouvernement fédéral annoncé en septembre par le ministre MacAulay est un pas dans la bonne direction, mais la contribution de l’ensemble des paliers gouvernementaux sera aussi requise.
Le 25 octobre dernier, la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec a accepté la demande d’approbation du Règlement sur le fonds relatif à l’amélioration des conditions de mise en marché du lait et l’imposition d’une contribution spéciale. Ce nouveau règlement permettra d’assurer la participation du Québec au Programme de croissance des marchés. De son côté, la demande d’exemption de l’application de l’article 128 de la Loi sur la mise en marché des produits agricoles, alimentaires et de la pêche, nécessaire à la mise en place du fonds, a été déposée à la Régie la semaine dernière.
Par ailleurs, les provinces ont également convenu de revoir la politique de partage de la croissance des marchés d’ici janvier 2024. Un partage équitable de la croissance entre les producteurs permettra de mettre tous les producteurs du Canada sur un pied d’égalité et assurera un accès plus équitable à la croissance pour les transformateurs. L’ensemble des revenus étant mis en commun entre les producteurs depuis juin 2020, le partage des marchés et des frais de transport s’avérait être les prochains chantiers.
Prix du lait
Le 1er novembre dernier, la Commission canadienne du lait (CCL) a rendu publique sa décision sur la révision des prix en annonçant une augmentation de 1,77 % à partir du premier mai 2024, soit trois mois plus tard que la date habituelle du 1er février. Cette décision est conséquente avec la recommandation communiquée par Producteurs laitiers du Canada (PLC) le 13 octobre 2023.
La position nationale sur le prix du lait aura été déterminée sous le signe de l’équilibre. Je parle de l’équilibre entre la nécessité de couvrir le coût de production qui est sous pression avec la hausse des taux d’intérêt ainsi que notre souhait de demeurer un produit accessible et à la base de l’alimentation de la population. Comme organisation, on doit être à l’écoute. C’est d’ailleurs notre double rôle, à la fois syndical, mais aussi comme responsable de la mise en marché du lait.
Les producteurs laitiers ont une relation étroite avec la population et les consommateurs. Que ce soit avec le programme de dons de lait aux banques alimentaires ou les actions pour répondre aux attentes sociétales, mais aussi dans l’appui au développement des produits et l’innovation des produits laitiers que les consommateurs chérissent. Selon statistique Canada, en 2021, 14% des achats des ménages à l’épicerie vont pour les produits laitiers et les œufs. Cette présence à la base de l’alimentation témoigne de l’appréciation des consommateurs, mais aussi de la chance que nous avons d’occuper une place aussi précieuse dans l’alimentation de la population. Par ailleurs, l’on apprenait aussi dans le Bilan-Faim, publié le 25 octobre dernier par les Banques alimentaires du Québec, qu’un québécois sur 10 a eu recours aux banques alimentaires durant la dernière année. C’est énorme et c’est au gouvernement d’assurer le filet social de la population.
Cette position équilibrée s’est faite aussi en tenant compte de la pression importante des taux d’intérêt. Il était donc essentiel que ce report ne soit pas une annulation de l’application de la formule. On le sait, depuis 2022, les taux d’intérêt explosent et mettent chaque mois une pression supplémentaire sur nos fermes. S’ajoute à cette pression, l’inflation qui touchent les dépenses sur nos fermes.
C’est donc en tentant de concilier ces deux réalités, le pouvoir d’achat plus limité des consommateurs et la santé financière des fermes laitières – qu’il a fallu prendre une position en dehors des approches habituelle. Reporter la hausse de quelques mois nous permet le meilleur compromis. Notre message aux consommateurs, aux gouvernements et à la filière est clair : nous faisons notre part pour lutter contre l’inflation alimentaire dont souffrent de trop nombreuses personnes, parfois même dans nos entourages.
Par ailleurs, le prix du lait est là pour couvrir le coût de production. Il peut arriver que les fermes soient confrontées à des événements qui les placent dans des situations difficiles, notamment dans le contexte des changements climatiques, de la hausse importante des taux d’intérêts ou tout autres événements soudains. C’est donc important que les programmes du gouvernement s’adaptent. L’annonce que le ministre Lamontagne a fait ce matin est une bonne nouvelle. M. Lamontagne a annoncé une bonification de 10 millions de dollars au Programme Investissement Croissance Durable afin de soutenir les entreprises touchées par le contexte inflationniste et les aléas météorologiques qui ont rendu la saison 2023 difficile. Ce nouvel appui permettra de générer des liquidités pouvant atteindre jusqu’à 167 millions de dollars. Nous accueillons cette annonce très positivement.
C-282
Le projet de loi C-282 qui vise à protéger la gestion de l’offre dans les futurs accords commerciaux a été adopté à la Chambre des communes en juin dernier, avec l’appui d’une majorité de députés de tous les partis ains que l’appui de tous les chefs de parti. C’est historique et il faut vraiment le souligner !
Cependant, pour que le projet de loi s’applique, il doit aussi être adopté par le Sénat. Le projet de loi devrait sous peu aller en comité. Nous comptons sur l’appui de tous les caucus du Sénat pour que C-282 pour qu’il se rende en adoption finale le plus tôt possible.
Nous l’avons vu, autant avec la pandémie que dans le contexte de l’inflation, où l’inflation alimentaire est un des volets qui préoccupe le plus la population en raison de son côté essentiel. En période de crise, on réalise très vite qu’il est essentiel de se nourrir et pour un pays d’assurer sa sécurité alimentaire.
Sacrifier la gestion de l’offre, mettre à risque son garde-manger et rendre sa population dépendante d’autres pays pour se nourrir avec en tête des intérêts strictement commerciaux est un choix que le Canada ne doit plus faire. Plus jamais de concessions : cela doit être la loi à l’avenir !
Stratégie de développement durable
Lors de notre assemblée annuelle d’avril dernier, vous avez adopté une résolution visant à nous doter d’un plan en développement durable. Ce plan de développement durable fixe des priorités pour lesquelles nous possédons les compétences et une capacité d’agir afin d’améliorer notre bilan non seulement en ce qui touche la lutte aux changements climatiques, mais également les pratiques agricoles durables et notre contribution sociale et économique.
Comme pour la planification stratégique, l’équipe est à finaliser les moyens d’action et les indicateurs de performance qui nous permettront d’atteindre nos objectifs et de mesurer nos résultats, mais, depuis avril, des projets importants ce sont mis en place pour nous aider à y parvenir.
Souvenez-vous, lors de notre assemblée d’avril, nous avions annoncé avec le ministre Lamontagne que, grâce à un financement du gouvernement du Québec, nous démarrons un projet de recherche qui vise à estimer les émissions de méthane des vaches à partir d’échantillons de lait de réservoir collectés dans les fermes laitières du Québec.
Cet été aussi, le gouvernement du Canada a annoncé le soutien financier du Laboratoire vivant – Lait carboneutre qui a été développé par notre organisation et différents partenaires, dont Novalait. Ce projet d’innovation collaborative entre partenaires, producteurs, chercheurs et experts sera mené dans 20 fermes laitières pilotes réparties dans 4 régions du Québec. Ces fermes vont entreprendre une démarche d’amélioration de l’empreinte carbone de leur ferme en adoptant des stratégies de réduction des émissions de GES et de séquestration de carbone.
Le travail est donc déjà bien entamé!
Les Producteurs de lait sont actifs pour développer des outils et des solutions face aux défis qui se dressent devant nous et l’appui de leurs partenaires sera primordial pour atteindre les cibles. Nous avons besoin de partenaires qui innovent, tant au niveau des services-conseils que dans les produits disponibles et recommandés.
Le 11 octobre dernier, plusieurs dizaines de professionnels associés à notre secteur d’activité – chercheurs universitaires, conseillers, transformateurs, vétérinaires, représentants du monde financier, experts en environnement et producteurs laitiers – se sont réunis pour discuter du plan de développement durable des Producteurs de lait du Québec. Leur message était clairement à l’effet qu’ils étaient motivés à nous appuyer et surtout plus déterminés à, eux-aussi, faire partie de la solution.
Nous aurons aussi besoin de gouvernements qui ont une vision claire et qui resteront cohérents avec cette vision dans leurs actions budgétaires, législatives et réglementaires, car les ressources humaines et financières de nos fermes sont des contraintes réelles.
Merci à tous!