Résilience et solidarité

Cette situation imprévue peut ébranler les plus résilients d’entre nous. Ce n’est pas toujours facile de garder confiance devant l’inconnu. S’il n’est pas possible de contrôler l’imprévisible, nous pouvons cependant nous préparer à y faire face et c’est justement ce que nous veillons à faire. De concert avec les différents acteurs de la filière laitière, des efforts importants ont été consacrés à mettre en place différentes mesures. Nous pouvons penser aux programmes nationaux d’entreposage de beurre et de fromages qui ont apporté une plus grande flexibilité à notre gestion de l’offre, qui ne cesse de s’adapter. Vous, productrices et producteurs de lait, avez aussi eu à répondre présents dans la tourmente, car la limitation de production pendant trois mois dans vos fermes a changé radicalement vos plans. Mais, votre solidarité dans l’application de cette mesure a généré les effets escomptés. De plus, je peux témoigner que la meilleure des écoles est celle de l’adversité et qu’au cours des derniers mois, j’ai pu compter sur des employés très dévoués et qui ont à cœur votre réussite.

Depuis le début de la crise, nous avons pris nos responsabilités pour freiner la propagation de la COVID-19. Les mesures d’hygiène, de prévention et de biosécurité ont été renforcées de la ferme à l’usine. Il est primordial de poursuivre nos efforts en ce sens pour maintenir le plus grand nombre de gens en bonne santé. Je compte sur vous pour garder une distance de deux mètres avec les autres, pour laver fréquemment vos mains et les surfaces touchées ainsi que pour mettre un couvre-visage, lorsque nécessaire. Plus que jamais, nous devons être prudents dans nos contacts avec les transporteurs et les intervenants pour garder la chaîne d’approvisionnement intacte et continuer à nourrir notre monde. C’est la responsabilité de chacun d’entre nous de réduire la propagation.

Nous pouvons également apercevoir du positif dans le contexte. Depuis plus de six mois, les ventes au détail ont affiché d’importantes croissances pour plusieurs produits laitiers. On parle de 8 à 12 % d’augmentation pour le lait à boire, la crème, la crème glacée, le beurre et les fromages. Cela nous confirme que les consommateurs sont fidèles à nos produits même si la pandémie a changé les habitudes de lieux de consommation. La prudence est cependant de mise, car la reprise (selon les régions) dans la restauration, l’hôtellerie et les institutions se fait de façon graduelle et pourrait être fragilisée par cette seconde vague. À la ferme, on voit également une belle reprise de la production depuis juillet et les journées additionnelles nous assurent que la production est bien alignée avec les besoins du marché. Le niveau des stocks de beurre et de fromages et les niveaux d’importations découlant des trois dernières ententes commerciales sont des variables que nous surveillons de près afin de prendre les bonnes décisions.

Souvent, dans les derniers mois, tant de la part des gouvernements que de la population, nous avons entendu le souhait d’une plus grande autonomie alimentaire. Une aspiration commune à consommer local, à consommer vert et à réduire notre dépendance aux produits étrangers. Ce désir d’autonomie est au cœur de la gestion de l’offre, notre modèle agricole, et nous devons saisir cette opportunité. Le gouvernement doit être cohérent dans ses propos. Rapidement, il devra passer à l’action pour soutenir les producteurs de lait. À commencer par des annonces concrètes sur les mesures d’indemnisations promises et attendues depuis trop longtemps. Dans le discours du Trône, le fédéral s’est une fois de plus engagé à nous indemniser. Mais les mots ne suffi sent plus. Les accords commerciaux sont en vigueur et leurs effets néfastes se font ressentir à la ferme. Le Canada a concédé près de 8,4 % de la production et de la transformation laitière dans les trois derniers accords. Ce sont près de 800 millions de litres de lait qui ne seront plus produits par les producteurs d’ici, soit l’équivalent de la production annuelle de 1 200 fermes laitières moyennes au Québec. Les producteurs ont besoin d’un signal clair que le gouvernement soutient son agriculture. C’est indispensable pour préserver le dynamisme économique de nos régions et pour assurer une alimentation locale de haute qualité. Nous ne relâcherons pas la pression tant que l’argent n’aura pas été versé. Le gouvernement doit aussi agir et protéger adéquatement la gestion de l’offre dans les prochaines ententes commerciales. Les producteurs de lait ont assez donné.

__________________________________

Cette situation imprévue peut ébranler les plus résilients d’entre nous. Ce n’est pas toujours facile de garder confiance devant l’inconnu. S’il n’est pas possible de contrôler l’imprévisible, nous pouvons cependant nous préparer à y faire face et c’est justement ce que nous veillons à faire. De concert avec les différents acteurs de la filière laitière, des efforts importants ont été consacrés à mettre en place différentes mesures.

___________________________________

 

Il y a des défis à l’horizon et ce n’est pas toujours facile de rester serein dans le contexte. Depuis toujours, les productrices et producteurs de lait sont soumis à plusieurs sources de stress, comme les aléas climatiques et les ententes commerciales. Cependant, les fluctuations de revenus causées par la COVID-19 et les marchés mondiaux, les incertitudes liées aux compensations et à l’isolement sont des sources additionnelles de stress pour nous tous. Ces inquiétudes peuvent créer de l’anxiété et même de la détresse chez certains producteurs. Je vous invite donc à demeurer attentifs et empathiques envers vos pairs, et surtout à vous épauler. Il peut nous arriver, dans des périodes difficiles, de ne pas apercevoir le bout du tunnel ou de ne pas envisager de solutions possibles. Si tel est le cas, il ne faut pas avoir peur de parler et d’aller chercher de l’aide. Plusieurs ressources d’aide spécialisées dans le domaine agricole existent, dont l’organisme Au cœur des familles agricoles. Leurs travailleuses de rang accompagnent quotidiennement des producteurs qui traversent des épreuves pénibles et stressantes.

Par le passé, les productrices et producteurs de lait ont toujours démontré qu’ils étaient capables de passer au travers des tourmentes et des défis. Et cette fois-ci ne fera pas exception. J’en suis certain. Ensemble, nous gagnerons les batailles et arriverons à nos fins : avec résilience et solidarité!

SignatureDanielGobeil

 

 

 

Daniel Gobeil, président

Télécharger l’éditorial du président