Proclamer ne suffit plus, il faut démontrer

Mot du président -Lait’Xclusif vol. 9 no 1

b_letendre_ra_2010_hrUn sondage Ipsos Marketing effectué à la fin février révélait que 97 % des Québécois faisaient plutôt ou tout à fait confiance aux producteurs de lait. Peu de secteurs d’activités dans notre société atteignent actuellement un tel niveau d’approbation.

Nous travaillons très fort pour mériter cette confiance. Saviez-vous, par exemple, que le lait de tous les camions-citernes est analysé avant déchargement pour détecter des traces d’antibiotiques et que si le résultat est positif, le chargement entier est détruit, aux frais du producteur responsable? Saviez-vous également que nous sommes à compléter l’implantation à la ferme d’un programme obligatoire, de type HACCP, afin de prévenir les risques liés à la salubrité? Ou encore, que nous sommes soumis à l’une des réglementations environnementales les plus strictes et que l’empreinte carbone d’un kilo de lait à la ferme au Québec est parmi les plus basses au monde selon une récente analyse du cycle de vie de la production laitière?

Mercedes Erra, la PDG de Havas Worldwilde, un grand regroupement mondial d’agences de marketing et de communication, disait dans une entrevue au journal les Affaires en décembre dernier : « Nous devons passer d’un univers marketing où l’on proclame, à un autre où l’on démontre. Au lieu d’annoncer les choses comme si elles étaient acquises, il faut les prouver. Les consommateurs réclament du concret. »

Les citoyens sont de plus en plus nombreux à exiger des réponses sur leurs aliments. Ils veulent savoir ce que mangent nos vaches? Quelles précautions nous prenons pour que leur lait soit d’une qualité irréprochable? Comment nous traitons nos animaux? Comment nous protégeons l’environnement? Toutes ces questions sont légitimes.

C’est dans ce but que nous travaillons avec nos collègues producteurs de lait de tout le Canada au développement du programme ProAction. Il s’agit d’un ambitieux projet de codification et de certification des bonnes pratiques de salubrité, de qualité, de traçabilité, de biosécurité, de bien-être animal et de protection de l’environnement.

Le développement et la mise en place d’un tel projet nécessiteront du temps. Il devra être conçu de telle sorte que les producteurs n’en retirent pas que des obligations, mais aussi des bénéfices, en plus de la reconnaissance publique.

La gestion de l’offre et la mise en marché collective procurent aux producteurs de lait d’ici un revenu stable et juste, entièrement du marché, sans subventions. Cela nous donne des responsabilités collectives, dont celles d’être parmi les meilleurs dans tous les aspects de notre production et d’être à même de le démontrer. ProAction s’inscrira dans cette perspective.