Notre engagement : un atout

Ce terme évoque l’importante contribution des producteurs dans la société québécoise issue de leur implication aussi bien individuelle que collective. Lors de l’assemblée, les délégués ont pu y entendre plusieurs conférences très intéressantes en plus d’échanger sur les sujets de l’heure. Nous reviendrons dans la revue de juin sur les détails de cette assemblée.

Il est possible de décliner l’engagement des producteurs de lait en plusieurs volets et, dans le contexte de notre rapport annuel, nous en avons ciblé trois principaux, soit l’engagement syndical, communautaire et celui lié à l’environnement et au bien-être animal. Tout d’abord, grâce à notre engagement syndical, nous nous sommes dotés d’une organisation à notre image, les Producteurs de lait du Québec, qui est en mesure non seulement de mettre en marché notre lait partout sur le territoire québécois, mais également de représenter nos intérêts collectifs. Cela nous permet de porter notre voix plus loin et avec plus d’incidence que si nous devions la porter chacun individuellement.

La semaine qui a précédé notre assemblée a d’ailleurs été l’occasion de faire entendre cette voix alors que le gouvernement de Justin Trudeau déposait son premier budget depuis l’élection fédérale de 2021. Pendant cette campagne électorale, le Parti libéral du Canada s’était engagé à indemniser les producteurs laitiers canadiens pour les impacts du dernier accord commercial, l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM). Cela faisait suite aux pressions exercées de la part de notre organisation et des Producteurs laitiers du Canada depuis 2018. Nous avons donc été satisfaits de constater que le récent budget prévoyait des compensations pour les secteurs sous gestion de l’offre affectés par l’ACEUM, mais cela nous a tout de même laissés sur notre faim. Cette mention dans le budget n’indiquant pas les montants compensatoires ni les modalités, les producteurs laitiers demeurent dans l’incertitude.

Nous l’avons dit et le répétons, les fermes laitières ont besoin de prévisibilité et de cohérence afin d’assurer un développement permettant une santé financière qui bénéficiera non seulement aux entreprises, mais également aux régions dans lesquelles elles sont situées. Les impacts de l’ACEUM se font déjà sentir, alors, de constater que le gouvernement fédéral reporte à l’automne 2022 ces compensations est une source de préoccupation légitime.

 

Ceci dit, cette annonce dans le budget fédéral sera une autre occasion de faire entendre notre voix d’ici l’automne. Mais notre engagement ne se limite pas à nos revendications. Nous sommes aussi présents pour le rayonnement de nos communautés. Les Producteurs de lait du Québec se sont dotés de programmes de commandite qui permettent de soutenir des initiatives culturelles, sportives ou gourmandes dans toutes les régions. Nous sommes aussi impliqués dans la lutte à la précarité alimentaire, notamment avec nos dons de lait et le programme lait-école.

 

Nous l’avons dit et le répétons, les fermes laitières ont besoin de prévisibilité et de cohérence afin d’assurer un développement permettant une santé financière qui bénéficiera non seulement aux entreprises, mais également aux régions dans lesquelles elles sont situées.

 

Nous connaissons les défis auxquels nous sommes confrontés. Les attentes de la société en matière de développement durable et de bien-être animal continueront de s’accentuer. La lutte aux changements climatiques continuera d’être déterminante dans l’opinion d’une partie toujours grandissante de la population, mais également pour l’avenir de notre planète. Nos fermes subiront aussi les impacts des changements climatiques et devront ajuster certaines pratiques pour y faire face. Heureusement, nous ne partons pas de nulle part, nous avons des assises solides pour répondre à ces préoccupations.

Notre engagement par rapport à notre environnement et le bien-être de nos animaux ne date pas d’hier. Dans les dernières années, non seulement notre bilan environnemental s’est-il amélioré et nos émissions de gaz à effets de serre ont-elles diminué pour chaque litre de lait produit, mais nous avons contribué et mobilisé des millions en recherches pour lesquelles le développement durable est un critère d’évaluation de la pertinence. Les producteurs investissent annuellement dans leur entreprise pour répondre aux attentes sociétales. Seulement en bien-être animal, les producteurs québécois investissent près de 13 M$ annuellement. De plus, le programme proAction, dont les producteurs se sont dotés eux-mêmes, sans attendre l’intervention de l’État, compte parmi ses volets les aspects environnementaux et de bien-être animal.

Mais cela n’est pas tout. Les Producteurs de lait du Québec sont également engagés dans une démarche d’évaluation et de planification de leurs actions quant au développement durable. Cette démarche a été soulignée par une résolution lors de la dernière assemblée. Nous insistons également sur le fait que ces efforts doivent être concertés et partagés par tous les acteurs de l’industrie. Le but est de nous doter d’outils individuels et collectifs efficaces afin d’atteindre nos objectifs.

La recherche de solutions devra se faire à tous les niveaux pour que nous puissions continuer d’être à la hauteur des attentes des consommateurs. Il serait injuste que le poids des changements exigés, par exemple dans un éventuel nouveau code de manipulation des bovins laitiers, repose uniquement sur les épaules des producteurs. Nous demandons aux gouvernements d’appuyer les producteurs dans les efforts d’amélioration et de prévoir des échéanciers réalistes. Il faut s’assurer que les ressources, fi nancières et en matière d’expertise, soient au rendez-vous sans pour autant que cela alourdisse le fardeau administratif à la ferme.

Nous avons la certitude que l’engagement des producteurs, qui est une grande source de fierté, sera un atout déterminant dans notre capacité à relever les défi s qui nous attendent, en collaboration avec tous les acteurs de la filière, incluant la société et les gouvernements.

 

 

SignatureDanielGobeil

 

Daniel Gobeil, président

 

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