Huile de palme

Qu’est-ce que l’acide palmitique?

Le type de gras saturés naturellement dominant dans le beurre est appelé « acide palmitique ». L’acide palmitique n’est pas dangereux pour la santé humaine, elle se retrouve en quantité variable naturellement dans le gras de plusieurs plantes et animaux. L’acide palmitique fait naturellement partie du gras laitier. Il est produit naturellement par la vache et constitue naturellement environ 1/4 de la matière grasse du beurre.

L’acide palmitique dans l’alimentation des vaches

L’acide palmitique provenant de l’huile de palme est peu utilisée sur les fermes du Québec. Selon un sondage des Producteurs laitiers du Canada effectué auprès de 1585 fermes au Québec, 22 % des répondants utiliseraient l’huile de palme dans l’alimentation, généralement pour combler des besoins énergétiques en début de lactation pour certaines de leurs vaches. Ce n’est pas utile pour l’ensemble d’un troupeau.

Il est utile de noter qu’aucune vache laitière ne reçoit de l’huile de palme à proprement parler. On peut retrouver des sous-produits de l’huile de palme dans certains suppléments alimentaires donnés occasionnellement à la vache. L’acide palmitique utilisé dans les suppléments laitiers provient de la valorisation des sous-produits de l’extraction de l’huile de palme destinée à l’alimentation humaine. C’est donc un déchet de la production d’huile de palme qui est valorisé. Ces sous-produits représentent la plupart du temps moins de 1 % de la matière sèche de la ration.

Tous ces produits sont autorisés par l’Agence canadienne d’inspection des aliments pour utilisation dans les rations des vaches laitières.

Les données d’analyses routinières du profil d’acides gras n’indiquent pas qu’il y a eu une augmentation de la proportion de l’acide palmitique dans la dernière année.

Pourquoi utiliser l’acide palmitique?

Les vaches ne peuvent pas consommer n’importe quel acide gras. L’acide palmitique est un acide gras désirable pour la vache, car il est naturellement inerte dans le rumen. Il ne vient donc pas perturber la santé du rumen comme d’autres sources d’huiles plus insaturées pourraient le faire.

Il n’y a pas d’avantage économique à utiliser l’huile de palme puisque les coûts de la matière peuvent rapidement dépasser les bénéfices liés à l’augmentation du taux de gras dans le lait.

Les Producteurs de lait du Québec investissent en recherche afin de trouver des méthodes alternatives pour combler les manques énergétiques des vaches en début de lactation. Un projet vient tout juste d’obtenir du financement et débutera sous peu. Les Producteurs de lait du Québec soutiennent également le développement d’outils pour aider les producteurs à avoir le meilleur profil d’acide gras dans leur lait. Les Producteurs laitiers du Canada viennent de mettre sur pied un comité d’experts afin de se pencher sur l’ensemble de la question.

L’acide palmitique dans les produits laitiers

La teneur en acide palmitique du lait n’est pas nécessairement liée à l’utilisation d’huile de palme dans l’alimentation. Les acides gras de type C-16 se retrouvent naturellement dans le lait. Leur quantité peut varier selon les races ou selon la température. D’autres composants de l’alimentation peuvent également faire varier ce taux.

Il n’y a aucune étude qui démontre ou sous-entend un lien entre l’utilisation d’huile de palme et la qualité nutritionnelle du lait ou même l’impact sur la transformation. D’autres facteurs peuvent influencer la composition des acides gras du lait : une densité d’élevage inadéquate, un nombre de repas limité et une plus forte teneur en lipides dans la ration sont des facteurs de régie associés à de faibles teneurs en acides gras de novo dans le lait de même qu’à une réduction de la sécrétion des composantes laitières.

En ce qui concerne le beurre, aucune étude ne démontre un changement dans la consistance de ce produit. Plusieurs facteurs peuvent expliquer un différence dans certains beurre, que ce soit le procédé de transformation, l’emballage ou les conditions de conservation. Au niveau du lait, ce sont les gras saturés qui peuvent faire varier le point de fusion du gras ou sa dureté. Ces acides gras ont été étudiés pour l’ensemble du lait produit au cours des deux dernières années au Québec. Il n’y a pas eu de variation du taux d’acides gras saturés pendant cette période.

Tout le beurre et les produits laitiers vendus au Canada respectent les normes et les règlements canadiens rigoureux en matière de salubrité et d’innocuité des aliments. Le lait est d’ailleurs l’un des produits alimentaires les plus testés et les normes en vigueur au Canada sont parmi les plus sévères dans le monde. Des contrôles serrés sur le lait cru sont exercés à la ferme et des échantillons de lait sont prélevés et testés pour s’assurer qu’ils répondent aux normes de production et qu’il est exempt d’antibiotiques, d’altération par l’eau, d’antiseptiques et d’hormones ajoutées.

Écoutez la professeure Rachel Gervais du Département des sciences animales de l’Université Laval, spécialiste de la nutrition des ruminants, faire le point  sur l’utilisation de l’acide palmitique dans l’alimentation des vaches et sur son effet sur la composition du lait :

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