Les défis qui nous attendent

Daniel_ÉditoJuilletAout

Comme vous le savez, Bruno Letendre a quitté ses fonctions le 16 avril dernier, comme il l’avait annoncé il y a plus d’un an. Son départ s’est fait dans le contexte particulier de la crise de la COVID-19. Je profite de cette tribune pour saluer et reconnaître tout le travail qu’il a accompli durant ses années d’implication. Du premier au dernier jour, cet homme s’est tenu debout afin de veiller aux intérêts de nous tous et ainsi assumer un grand leadership. Merci Bruno! Maintenant, il est temps de penser un peu à toi et aux gens de valeurs qui t’entourent.

Comme notre assemblée générale annuelle a été reportée pour respecter les restrictions du gouvernement, nous avons dû procéder à l’élection par voie électronique, ce qui s’est fait le 1er mai dernier. Depuis mon arrivée au conseil d’administration et au comité exécutif des Producteurs de lait du Québec, j’ai eu la chance de côtoyer des gens ayant une expérience diversifiée et riche avec qui c’était facile de s’intégrer et de réaliser mes mandats. Je remercie d’ailleurs les membres du conseil d’administration des PLQ pour la confiance portée à mon égard. Dans la réalisation de mes nouvelles fonctions de président, je souhaite travailler dans la collaboration et le respect afin de bien représenter et défendre les intérêts des producteurs de lait. J’espère pouvoir rallier les producteurs des quatre coins du Québec à ce but commun, car c’est dans la solidarité et l’implication de tous que les dossiers progressent le mieux.

Pour la suite des choses, je sais que les défis seront nombreux. Je commence mes nouvelles tâches dans un contexte de pandémie sans précédent qui vient bouleverser nos marchés et affecter notre prix. À l’instar de l’ensemble de la société québécoise, et même de la planète entière, l’industrie laitière a été touchée de plein fouet par les perturbations de la crise de la COVID-19. De difficiles décisions pour réduire la production ont dû être prises rapidement. Il était nécessaire de s’adapter aux besoins instables et chaotiques du marché et de démontrer toute l’agilité de notre modèle de gestion de l’offre. La solidarité, la collaboration et la discipline de l’ensemble des producteurs du Québec ont porté fruit. Après une chute drastique du prix du lait au mois d’avril, nous sommes revenus à un prix décent en mai. Même s’il y a un espoir que le pire de la crise est derrière nous, nous devons demeurer prudents et attentifs aux signaux du marché lors de la reprise, et ce, dans un environnement qui sera influencé par l’entrée en vigueur de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM). Il est aussi nécessaire de continuer à respecter les consignes de la santé publique, dont les mesures d’hygiène et de distanciation physique, pour protéger l’ensemble des acteurs de la filière laitière et maintenir la chaîne d’approvisionnement intacte.

 

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Dans la réalisation de mes nouvelles fonctions de président, je souhaite travailler dans la collaboration et le respect afin de bien représenter et défendre les intérêts des producteurs de lait. J’espère pouvoir rallier les producteurs des quatre coins du Québec à ce but commun, car c’est dans la solidarité et l’implication de tous que les dossiers progressent le mieux.
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Cette crise de la COVID-19 amène aussi son lot d’opportunités à saisir. La production locale n’a jamais eu autant d’importance pour les Québécois. L’achat local, l’environnement, la sécurité et l’autonomie alimentaire ont occupé une place de choix dans les médias et sont maintenant encouragés non seulement par nous, producteurs de lait, mais aussi par la population. Le gouvernement Legault a même déclaré que « nourrir les Québécois » était l’une de ses priorités. C’est une bonne occasion de renforcer l’appui de la population à la gestion de l’offre, de démontrer que ce modèle dynamique et innovant a toujours sa place et est capable de se renouveler. Grâce à ce système, nous produisons le lait dont nous avons besoin. Notre production se concentre sur les gens d’ici et favorise le choix de produits locaux tout en évitant le gaspillage alimentaire. En mai dernier, l’Association des consommateurs du Canada a d’ailleurs souligné la bonne gestion des produits laitiers au Canada en déclarant que les prix et la disponibilité de ces produits étaient demeurés stables depuis le début de la crise. Nous pouvons être fiers de l’efficacité de notre système et nous devons continuer nos efforts d’amélioration continue et nos bonnes pratiques, dont celles entourant notre programme proAction et les plus hauts standards de respect des consignes de la santé publique.

Alors que nous faisons face à la crise de la COVID-19, l’ACEUM est officiellement entré en vigueur le 1er juillet dernier. En choisissant la date du 1er juillet, plutôt que le 1er août comme réclamé par l’industrie laitière, le gouvernement Trudeau nous a induits en erreur et a, une fois de plus, causé du tort à notre secteur économique. Finalement, nous n’aurons qu’un seul mois d’adaptation avant de passer à l’an deux de l’Accord, et ce, dans un contexte où la reprise des marchés se fera de façon graduelle après la période de pandémie. Pour les producteurs et les transformateurs laitiers, cette entrée en vigueur devancée d’un mois représente des pertes d’environ 100 millions de dollars. Ces pertes s’ajoutent à celles causées par les marchés cédés, soit 330 millions de dollars par an, à perpétuité. Le gouvernement canadien devra tenir sa parole et s’engager à verser une indemnisation complète et équitable pour atténuer les pertes et les impacts liés à l’ACEUM. Comptez sur moi pour leur rappeler les nombreuses promesses, car un secteur primaire comme le nôtre est un investissement pour les gouvernements et il est temps qu’ils agissent en conséquence.

Au-delà des enjeux actuels, d’autres dossiers me tiennent à cœur et viendront teinter mes actions dans mon rôle de président. Je compte faire de la communication une de mes priorités. J’ai un grand souci de transparence et je souhaite utiliser toutes les plateformes de communication à ma disposition, dont les médias sociaux, pour tenir informés les producteurs des décisions organisationnelles. Je vous invite d’ailleurs à suivre ma page Facebook, qui se veut un lieu d’échange respectueux sur la production laitière et les enjeux de notre secteur, et celle de l’organisation pour de l’information en temps réel sur les dossiers de l’heure.

Plusieurs dossiers et projets m’attendent à court et à moyen terme et nous devrons nous soumettre très rapidement à une planification stratégique de notre organisation afin d’être cohérents dans nos actions futures. Je suis prêt à travailler pour défendre les idées, les intérêts et les valeurs des producteurs de lait. À travers le temps, nous avons toujours démontré que nous sommes capables de nous adapter et de relever les différents défis. J’entrevois l’avenir de façon optimiste. Je suis bien entouré, autant à la ferme qu’au conseil d’administration, et j’ai la chance de pouvoir compter sur une équipe de gestionnaires et d’employés de grande valeur et vraiment dévoués. Demeurons unis dans cette période mouvementée et nous en sortirons assurément grandis. Bonne saison des fourrages à tous et surtout en toute prudence!

SignatureDanielGobeil

 

 

 

Daniel Gobeil, président

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