3 octobre 2022 : rendez-vous électoral

Pendant la campagne électorale, les candidats viendront, à tour de rôle, chercher notre appui pour tenter de briguer un des 125 sièges disponibles à l’Assemblée nationale du Québec. Profitons de cet exercice démocratique, participons-y activement!

C’est le temps de rappeler aux différents partis politiques que l’industrie laitière est un véritable moteur pour l’économie, dans toutes les régions du Québec. La preuve : nous contribuons à hauteur de 5,3 milliards $ au PIB, plus de 1 milliard $ retourne aux gouvernements sous forme de taxes et impôts et nous sommes à la base de quelque 65 000 emplois. C’est énorme! Notre production arrive au premier rang de l’ensemble des secteurs agricoles au Québec et génère près du quart des recettes totales. Dans plusieurs régions, la présence des fermes laitières est au cœur de la vitalité en contribuant à la disponibilité des services pour les autres secteurs agricoles, mais aussi pour toute la population.

Au-delà de cette contribution économique, rappelons-leur aussi l’engagement social dont nous faisons preuve dans nos communautés. Nos investissements en commandites rendent possible une foule d’événements culturels, sportifs et gourmands, pour ne nommer que ceux-là, qui se déploient sur l’ensemble du territoire. Nous appuyons des initiatives pour favoriser les bonnes habitudes de vie, pour soutenir la jeunesse, la relève. Nous avons aussi un généreux programme de don de lait qui fait parvenir, tout à fait gratuitement, des produits laitiers aux citoyens dans le besoin. Depuis 2002, en collaboration avec les transformateurs et les transporteurs, nous avons donné plus de 12,85 millions de litres de lait à nos communautés.

Disons-leur aussi à quel point notre production permet d’assurer une sécurité alimentaire pour les consommateurs. Nous le savons tous, la crise de la COVID-19 et la guerre en Ukraine ont eu entre autres pour effet de conscientiser les consommateurs sur la fragilité des lignes d’approvisionnement dans plusieurs domaines, notamment alimentaire. Ces événements ont aussi renforcé le souci des consommateurs d’acheter local et durable. Avec notre produit, le lait, nous répondons à ces besoins. Nous produisons un aliment abordable, de qualité, qui fait partie d’une alimentation équilibrée. Notre lait est produit ici, avec le souci et le désir de protéger l’environnement pour léguer aux prochaines générations un Québec et une planète plus verte.

 

Il faut profiter de la campagne électorale pour interpeler les candidats et leur demander de continuer à reconnaitre l’importance du secteur laitier, mais surtout de l’appuyer politiquement et concrètement.

 

Nos réalisations et nos engagements sont la somme d’actions de génération de producteurs de lait qui ont travaillé sans relâche pour instaurer la mise en marché collective et la gestion de l’offre, des modèles qui ont fait leurs preuves. Depuis près de 40 ans, notre cadre règlementaire offre le potentiel pour permettre des initiatives au bénéfice de tous, y compris les consommateurs, les gouvernements et l’industrie dans son ensemble.

Il faut profiter de la campagne électorale pour interpeler les candidats et leur demander de continuer à reconnaitre l’importance du secteur laitier, mais surtout de l’appuyer politiquement et concrètement. Ils devront s’engager à soutenir la gestion de l’offre et à ne négliger aucun effort pour s’assurer que le gouvernement fédéral respecte sa promesse de ne plus céder d’accès supplémentaire dans les prochains accords commerciaux et qu’il indemnise les producteurs pour l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM). Ils devront aussi soutenir la mise en marché collective. Les 125 prochains membres de l’Assemblée nationale doivent être conscients de l’importance pour notre secteur d’agir en groupe, propulsé par notre solidarité qui nous donne des outils importants pour répondre aux attentes des consommateurs tout en étant en mesure de négocier des conditions de mise en marché équitable pour tous, notamment les différents modèles de fermes sur l’ensemble du territoire québécois. C’est aussi un système qui permet aux producteurs de partager les risques et de ne pas subir seuls les impacts du marché, ce qui est primordial face aux problèmes que nous rencontrons comme industrie.

Par ailleurs, nous attendons du prochain gouvernement du Québec qu’il s’engage à créer des programmes pour soutenir les investissements afin d’augmenter les capacités de transformation laitière, particulièrement celles qui permettrait de valoriser les surplus de solides non gras. Nous le savons, le contexte commercial généré par l’ACEUM a exacerbé le problème des surplus structuraux qui existaient déjà au Canada et ailleurs dans le monde. Le récent conflit de travail à l’usine de transformation d’Agropur à Granby est un exemple qui illustre bien la précarité des capacités de transformation au Québec. Pour éviter de telles situations, nous devons agir collectivement avec toutes les parties prenantes du secteur, dont le gouvernement du Québec, qui doit jouer un rôle de premier plan dans l’accroissement des capacités de transformation.

Nous connaissons aussi les défis auxquels nous devrons faire face en matière de bien-être animal et d’environnement, les attentes de la société s’intensifiant constamment. Bien que nous sommes déjà engagés dans une démarche pour le développement durable, notamment avec l’objectif de carboneutralité d’ici 2050 tel qu’annoncé par les Producteurs laitiers du Canada, et que nous avons une volonté de nous améliorer, le poids des changements ne peut pas reposer uniquement sur nos épaules. L’état doit également jouer un rôle en appuyant nos efforts d’amélioration. Il est de son mandat de donner suite aux attentes des citoyens tout en appuyant les producteurs dans les changements à venir. Cela signifie qu’il doit aussi s’assurer que les ressources financières et l’expertise soient au rendez-vous, notamment en recherche, en développement, en transfert technologique et en soutien à la formation.

La campagne électorale est une excellente occasion pour être proactifs et faire part aux candidats – tous partis confondus – de nos préoccupations et des enjeux qui touchent notre production ainsi que l’industrie laitière. Nous avons besoin de l’engagement de tous les élus pour faire face aux défis qui nous attendent. Nous avons besoin d’eux pour continuer à nourrir la population avec des produits sains, mais aussi à nourrir le développement, l’épanouissement et la vitalité du Québec.

 

SignatureDanielGobeil

 

Daniel Gobeil, président

 

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