Les négociations agricoles à l’organisation mondiale du commerce (OMC)

Les pays encore plus vulnérables aux fluctuations des marchés mondiaux de produits agricoles

Les producteurs de lait canadiens comptent entièrement sur le prix du marché et ne reçoivent aucune subvention gouvernementale pour soutenir leurs revenus. Ils ont besoin que le marché canadien soit protégé pour éviter que les pays exportateurs, qui subventionnent lourdement leurs producteurs ou qui jouissent de conditions climatiques que nous ne pouvons concurrencer ou encore, qui pratiquent un dumping social ou environnemental (jouissent de règles moins exigeantes et d’une main d’œuvre à très bon marché), ne viennent envahir leur marché.

Depuis 2001, des négociations ont lieu à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en vue d’en arriver à une nouvelle entente sur le commerce de biens et de services. Le principal enjeu de ces négociations est l’agriculture. Les grandes puissances exportatrices (États-Unis, Union européenne, Inde, Brésil, Australie, etc.) veulent en arriver à un accord pour pouvoir exporter encore plus de produits agricoles.

La position de négociation canadienne, conformément à une motion unanime adoptée par la Chambre des communes en novembre 2005, est de n’accepter aucune réduction tarifaire et aucune augmentation de l’accès au marché des productions sous gestion de l’offre dans un éventuel accord à l’OMC. Les producteurs de lait, d’œufs (de consommation et d’incubation) et de volailles (poulet, dindon) du Québec et du Canada suivent de près ces négociations afin de s’assurer que le Canada ne signe pas un accord qui contiendrait des réductions de tarifs ou des accroissements d’accès aux marchés dans les secteurs sous gestion de l’offre.

En dix ans de négociations, les pays membres de l’OMC n’ont pas réussi à s’entendre. Les négociations ont toutefois été intenses au cours de l’été 2008. La réduction de 23 % des tarifs aux frontières jumelée à l’accès supplémentaire aux marchés de 6 % proposés dans le projet d’accord discuté en 2008 auraient exposé les produits laitiers canadiens à la concurrence déloyale de produits étrangers, largement subventionnés. Cet accord mettrait à risque plus de 40 % des recettes agricoles québécoises et, conséquemment, quelque 70 000 emplois directs et indirects à la ferme et dans la transformation. Seulement pour les producteurs laitiers du pays, il entraînerait des pertes d’au moins un milliard de dollars, soit environ 70 000 $ par ferme laitière. C’est plus que le revenu familial moyen sur une ferme laitière, qui était de 52 000 $ par année en 2009. Cela résulterait en une disparition de la presque totalité des fermes laitières du Québec et, avec elles, de toute l’infrastructure de l’industrie.

Avec la crise alimentaire qui sévit et plus d’un milliard d’affamés sur la planète, il est insensé de négocier des ententes commerciales qui vont rendre les pays encore plus vulnérables aux fluctuations des marchés mondiaux de produits agricoles. Les seules véritables alternatives viables à la libéralisation du commerce agricole sont la souveraineté alimentaire et l’exception agricole. L’agriculture n’est pas un secteur économique comme les autres puisqu’elle est la source des aliments essentiels à la vie. Cela doit être reconnu dans les ententes commerciales internationales, d’autant plus que les États reconnaissent déjà le droit des peuples à l’alimentation tel qu’énoncé dans la Charte des droits de l’homme et promulgué par l’Organisation des Nations Unies (ONU).

Pour en savoir davantage sur notre modèle ainsi que sur les négociations agricoles à l’OMC, consulter le site Internet de la coalition GO5, pour un modèle agricole équitable : http://www.go5quebec.ca