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La demande de lait et de produits laitiers biologiques est en forte croissance, ici comme ailleurs. Le Québec y répond très bien et fait figure de leader avec 42,7 % de la production canadienne.
Le nombre de producteurs laitiers certifiés biologiques est passé de 13, en 1999, à 99, en 2010, soit 1,5% de toutes les fermes laitières québécoises. Devenir producteur de lait biologique implique une transition, généralement sur trois ans, le temps de procéder aux changements qui concernent la gestion du troupeau (la façon de nourrir les animaux et de les soigner) et des champs.
Au Québec, des organismes accrédités procèdent à la certification et à la vérification du respect des normes. Par exemple, des règles précisent le contenu de la ration quotidienne des ruminants, laquelle doit comporter un certain pourcentage de fourrages. L'usage d'antibiotiques pour soigner les animaux n'est permis qu'en ultime recours. Précisons que, tant pour la production biologique que pour la production conventionnelle, il est strictement interdit d'ajouter des antibiotiques ou de stimuler la production à l'aide d'hormones dans l'alimentation des vaches. Le lait des vaches malades et traitées aux antibiotiques, en régie biologique et conventionnelle, doit être jeté. Tout le lait livré aux usines est testé avant le déchargement pour s'assurer que du lait provenant de vaches traitées, envoyé par erreur, ne soit pas commercialisé.
Les conditions de vente et de transport du lait biologique sont négociées collectivement, par la FPLQ en collaboration avec le Syndicat des producteurs de lait biologique, avec les acheteurs et les transporteurs. Les producteurs biologiques sont détenteurs d'un quota, une part de marché, comme tous les autres producteurs de lait. Toutefois, compte tenu de la croissance de ce marché, les producteurs biologiques ont été autorisés à produire plus que leur quota afin de satisfaire à la demande.
Le Québec compte 13 circuits de collecte de lait biologique. Les frais de transport sont partagés entre les producteurs de lait certifiés.
En 2005, les volumes ont été 20 fois plus importants qu'en 1998, ce qui en fait un secteur prometteur. Ils sont passés de 1,7 million de litres en 1998 à 34 millions en 2010. Même si la demande augmente rapidement, la production de lait biologique ne représentait, en 2010, qu'environ 1% de la production totale de lait du Québec.
40 ou 4 000?
Avec un quota moyen de 35 kg de MG/jour, la ferme laitière biologique québécoise compte environ 40 vaches laitières. Aux États-Unis, certaines fermes laitières dites « biologiques » ont des troupeaux de 4 000 vaches et plus qui n'ont pas accès au pâturage, ce qui n'est pas sans soulever de controverse.
L'objectif principal de la gestion de l'offre est d'obtenir un niveau de production du lait qui satisfait toute la demande intérieure de produits laitiers, sans créer de surplus et en offrant des prix décents pour les producteurs et les consommateurs. Pour cela, il faut pouvoir ajuster la production en fonction des besoins du marché.
Pour le marché du lait de consommation, chaque province est autosuffisante et donc responsable d'établir ses propres besoins; il s'agit d'un marché approvisionné sur demande. La production de lait de transformation est, pour sa part, déterminée sur une base canadienne. Le calcul des besoins est effectué tous les mois en se basant sur les variations de la production, des importations et des exportations ainsi que de la quantité de beurre en stock.
En fait, c'est la variation des stocks de beurre qui est le principal indicateur de l'évolution de la demande du marché. Par exemple, si la production est stable, que les importations et exportations de produits laitiers se maintiennent, mais que les stocks de beurre diminuent, on peut conclure que ce beurre a servi à combler une croissance des marchés. Le niveau de quota à produire par les producteurs sera donc relevé afin de tenir compte de cette croissance de la demande. À l'inverse, si la production, les importations et les exportations sont stables, mais que les stocks de beurre augmentent, c'est qu'il y a baisse de consommation de matière grasse et que le niveau du quota doit être revu à la baisse.
C'est ensuite à chaque province d'établir les modalités de répartition du quota et de suivi à l'échelle des producteurs. Différents ajustements et incitatifs peuvent alors être mis en place pour accélérer ou ralentir la production, selon le besoin et la taille du marché. Ce sont les provinces qui doivent gérer leurs politiques de façon à obtenir la discipline de production à laquelle se sont engagés les producteurs sous gestion de l'offre.
À une certaine époque, la production laitière se faisait surtout durant la belle saison. Au cours des ans, les producteurs ont réussi à stabiliser leur production de lait annuelle grâce, notamment, à une gestion efficiente des vêlages et à une régie alimentaire performante. Cette stabilité est essentielle si on veut réussir à combler les besoins du marché tout au long de l'année.
Il est cependant impossible pour un troupeau d'avoir un niveau de production constant, au litre près, tout au long de l'année et au producteur de remplir exactement son quota tous les jours. Pour absorber ces légers écarts, les producteurs possèdent une certaine marge de manœuvre qui leur permet, à l'intérieur d'une plage bien spécifique, de sous produire ou de surproduire.
Les producteurs ont fait les ajustements nécessaires à leur ferme afin de permettre une planification de la production et, ainsi, combler les besoins du marché à l'année afin que les consommateurs aient accès en tout temps à leurs produits laitiers.
40 ans
C'est le nombre d'années qui se sont écoulées depuis la mise en place du système de gestion de l'offre canadien. Grâce à cette discipline de production, les producteurs de lait tirent un revenu décent entièrement du marché, sans subventions.