La gestion de l’offre, seule feuille de route viable pour le secteur laitier

Sylvain Charlebois, dans son texte « À quand la gestion de l’offre 2.0? » plaide pour une réforme de la gestion de l’offre sans nous dire concrètement ce qu’il propose. Les productions sous gestion de l’offre auraient, selon lui, une chance inouïe d’offrir des produits de première qualité au reste du globe dans la foulée des nouvelles ententes commerciales que sont le PTP et l’AECG. Ne manquerait plus qu’une stratégie. Entre les lignes, il laisse entendre que nous ne sommes pas assez gros, pas assez bons et pas assez compétitifs en raison de notre résistance au changement pour profiter de la manne.

La gestion de l’offre, avec sa production axée sur les besoins du marché intérieur, donne actuellement des résultats très positifs pour le secteur laitier et l’économie canadienne. Depuis 3 ans, nous répondons à une croissance des besoins de plus de 4 % par année. Les producteurs laitiers sont affairés à moderniser leurs entreprises pour y faire face. Pour y parvenir, ils ont investi l’an dernier seulement plus de 500 millions de dollars en équipement et en bâtiments, de l’argent qui fait rouler l’économie d’ici.

Les conséquences d’un abandon de la gestion de l’offre ou d’une réforme visant le même objectif sont celles évoquées dans une récente étude de PwC, ou dans celle du Boston Consulting Group publiée en 2015, évaluant toutes deux les conséquences de mettre fin à la gestion de l’offre, soit la disparition de la majorité des fermes laitières et avicoles et la perte de plusieurs dizaines de milliers d’emplois, des pertes dont notre économie n’a tout simplement pas les moyens. L’AECG et le PTP sont conclus, mais le Canada renégocie toujours l’ALENA. Les Américains, tout en demandant la fin de la gestion de l’offre, refusent de mettre leur politique agricole sur la table. La seule feuille de route viable pour nos secteurs, c’est que le gouvernement canadien maintienne la même détermination que le gouvernement américain à défendre ses intérêts et à protéger ses agriculteurs.

 

Alain Bourbeau, agr.

Directeur général des Producteurs de lait du Québec

 

Cliquez sur le lien pour lire la réplique « La gestion de l’offre, seule feuille de route viable pour le secteur laitier« .